
- A 15 h00 : Lecture sur le thème Internement et Résistance par les Amis de la poésie
- Vers 15h30 : Présentation du roman graphique : C’est aujourd’hui dimanche* par son auteure Mary Aulne en présence de son inspiratrice Hélène Pestana qui a été internée enfant avec sa mère au camp de Brens
Printemps 1942. Hélène a 12 ans quand elle est internée avec sa mère au camp de Brens près de Gaillac. Réfugiées polonaises, elles y rejoignent d’autres femmes de tous horizons : communistes, gaullistes, prostituées, juives allemandes, espagnoles qui ont fui Franco et bien d’autres. Été 2018. Mary découvre par hasard l’existence de ce lieu de honte que toute la région semble vouloir cacher. Un camp uniquement pour les femmes. En pleine zone libre. Mary décide d’en savoir plus. C’est aujourd’hui dimanche, c’est l’histoire de la rencontre d’Hélène et de Mary. Mais c’est aussi celle de toutes ces femmes qui ont été internées à Brens entre 1942 et 1944 et qui ne doivent jamais être oubliées.
- De 16h00 à 16h30 : pause durant laquelle vous pourrez visiter notre exposition « Il n’y a pas d’avenir sans mémoire » : Un camp pour femmes : Brens, 1942-1944 et admirer la maquette du camp de Brens réalisée par des jeunes de la MJC de Gaillac sous la conduite de leur animateur Franck Fernandez. Dans le caveau attenant, vous trouverez une buvette ainsi que le stand où notre association vous présentera ses productions et d’autres documents en lien avec le camp de Brens. Vous y trouverez également une table pour la vente et la dédicace des ouvrages de Mary Aulne et de Maëlle Maugendre qui interviendra juste après la pause.
- Vers 16h30 : Conférence-débat de Maëlle Maugendre : Les réfugiées espagnoles de la « Retirada » en France : des femmes entre assujettissements et résistances à partir de sa thèse éditée sous le titre Femmes en exil. Les réfugiées espagnoles en France 1939 – 1942*
Elles sont entre 75 000 et 95 000 à chercher refuge en France. Des femmes dont on ne parle pas. Des figures subalternes de l’histoire, qui restent dans l’ombre de leurs compagnons d’armes. Des femmes dont les trajectoires et les expériences restent invisibles. Lors de la « Retirada », l’exode antifranquiste au début de l’année 1939, des hommes mais aussi des femmes et des enfants traversent la frontière pyrénéenne pour se réfugier en France. Des centres de triage aux centres d’hébergement disséminés sur tout le territoire, en passant par les camps d’internement pour certaines d’entre elles, les Espagnoles subissent des pratiques coercitives qui les contraignent et les violentent. Mais elles résistent aussi, et de multiples manières ! Au croisement de l’histoire des femmes, du genre et des migrations, la conférence rendra visibles les expériences des femmes espagnoles réfugiées en France de 1939 à 1942, en particulier celles qui ont été internées au camp de Rieucros. [Ces femmes seront transférées au camp de Brens à la mi-février 1942]. L’historienne proposera une narration au féminin de l’exode sur le sol français pour faire advenir ces femmes comme sujets politiques sur la scène historique. 80 ans après la retirada, il est temps de mettre en lumière la dimension résolument politique de ces femmes en exil.
- Vers 18h00 : Présentation et projection du film Le camp de Brens, une histoire oubliée ? réalisé par des lycéennes du lycée Bellevue d’Albi accompagnées de leurs professeurs Jean-Marc Eychenne et Matthieu Palat.
En 2019, douze lycéennes du lycée Bellevue d’Albi – Emma Beutin, Roxane Caffarel, Ariane de Cremoux, Maelys Domingo, Valiha Dornadic, Menceline Fabre, Bénédicte Giroir, Lucie Guiraud, Amélie Lapeyre, Horane Ould-Aklouche, Léane Ransay, Léa Thomas – ont participé au Concours National de la Résistance et de la Déportation. Ce court métrage retrace l’histoire de leur démarche mémorielle et civique en même temps que leurs découvertes au sujet de l’Histoire du camp. Leur travail a été primé au concours académique puis au concours national.
- A 19h00 : Apéritif offert par la municipalité
Entrée libre ; participation libre et responsable aux frais de l’association
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Présentation de la manifestation par Remi Demonsant
La 18ème édition de notre Journée Internationale des Femmes sera tout particulièrement centrée sur le camp de Brens à travers la présentation de deux documents exceptionnels en ce qu’ils nous révèlent que, malgré tout le travail de recherches et d’information des publics les plus variés que nous avons accompli au sein de notre association depuis plus de 21 années, ce camp de femmes reste encore méconnu par trop de jeunes et de moins jeunes qui parfois vivent à proximité des vestiges de cette sombre réalité historique.
Il s’agit d’une part du roman graphique de notre jeune amie Mary Aulne intitulé C’est demain dimanche en référence à la complainte mélodramatique Les Roses blanches. Durant sa scolarité dans différents établissements scolaires d’Albi, Mary n’a jamais entendu parler du camp de Brens. C’est par le hasard d’une randonnée qu’elle est littéralement « tombée dessus ». Pour nous présenter son livre, elle sera exceptionnellement accompagnée par Hélène Pestana dont elle évoque dans sa BD l’internement avec sa mère au camp de Brens, alors qu’elle n’avait qu’une dizaine d’années.
Il s’agit d’autre part du film Le camp de Brens, une histoire oubliée ? réalisé par des lycéennes du Lycée Bellevue d’Albi accompagnées par leurs professeurs. Certes le point d’interrogation atténue l’affirmation de l’oubli. Cependant ce document lui aussi exceptionnel fait le constat, quelque peu amer pour notre association, que même à Gaillac on peut encore ignorer l’existence du camp de Brens. Assurément le titre du film rappelle celui que j’avais donné en 1999 à mon article de présentation de notre manifestation sur les camps de femmes de Rieucros et de Brens à l’Athanor, Scène nationale d’Albi en octobre 2000 : Du premier au plus méconnu des camps de concentration français. Cependant à cette époque, nous en étions à nos premières recherches sur ces camps afin de réaliser l’exposition de l’association destinée à les faire connaître, particulièrement celui de Brens. Et depuis, nous n’avons pas ménagé nos efforts pour œuvrer inlassablement dans cette perspective avec forces manifestations culturelles que nous avons organisées ou auxquelles nous avons participé dans le Tarn : à Brens, Gaillac, Graulhet, Lavaur, Carmaux, Lacaune, Rabastens, Lagrave… ou ailleurs : à Toulouse, Mende, Bordeaux, Paris… Malgré cela, il existe encore en 2019 à Gaillac des personnes rencontrées par ces jeunes lycéennes qui ignorent le camp. L’ironie de ces interviews au hasard des personnes rencontrées est que c’est un Belge qui s’exprime avec le plus de pertinence sur la réalité de ce camp. Avec ses saisissantes vues aériennes du camp filmé d’un drone, ce film participera à faire connaître le camp à des publics éloignés de Brens et en particulier aux jeunes lycéens. Il permet plus prosaïquement de constater son état de délabrement – qui s’est encore bien aggravé depuis que son accès semble réservé à très peu d’élus – et sa souillure par le commerce de location de garages qui se déroule actuellement dans le grand bâtiment subsistant de l’ancien camp de concentration.
Cette Journée Internationale des Femmes nous permettra d’écouter à nouveau l’historienne Maëlle Maugendre, pionnière de l’histoire des Républicaines espagnoles dans l’exil en France, à la croisée de l’histoire des femmes, du genre et des migrations. Maëlle fait ainsi sortir de « l’ombre de leurs compagnons d’infortune » ces Espagnoles, notamment celles qui ont été internées au camp de Rieucros en répression de leur révolte au camp d’Argelès-sur-Mer et qui seront à la mi-février 1942 transférées au camp de Brens. Ainsi cette conférence nous ramènera à la thématique principale de la manifestation.
La lecture de nos Amis de la poésie intitulée Internement et Résistance apportera comme chaque année une touche littéraire et poétique à cette 18e édition de la Journée Internationale des Femmes tout en restant intimement reliée à l’internement des femmes.